Et pour la route….

Eh oui, comme le titre l’indique cet article à suivre est le dernier qui clôturera ce blog! Snif! Le meilleur pour la fin dit-on d’ordre général mais je crois que nous ferons une exception pour aujourd’hui. En  effet, cet “ultime” article n’aura rien de très grandiose. Je dirais même qu’il n’aura pas vocation à faire de l’ombre sur le reste (si tant est que le reste n’est pas mauvais… Je me comprends). Ce sera une forme de “résultat des comptes” sur la net-campagne et son impact sur les présidentielles prochaines.

 Après les blogs, les vidéos “informatives” (type Daily motion), les hubs communautaires (plateformes de discussion entre “partisans” sur le net),  et j’en passe, une question s’impose: la net-campagne des candidats leur permettra t-elle de faire la différence? Sera-elle une valeur ajoutée mesurable. That’s the question. Thierry Vedel, Chercheur au CEVIPOF et enseignant à l’IEP de Paris, éclaire nos lanternes sur le site www.election-presidentielle.fr . Selon lui, les effets d’internet sur les comportements politiques sont difficiles à évaluer car ils sont diffus, lents, et sans doute contradictoires.

 Les enquêtes réalisées sur le sujet suggèrent qu’internet tend à améliorer l’information des citoyens les plus et mieux et informés ainsi qu’à activer et à renforcer les dispositions politiques pré-existantes des individus. L’internet servirait surtout à prêcher et à mobiliser les électeurs déjà intéressés par la politique et convertis. Et c’est dans ce sens que les candidats semblent vouloir l’utiliser en 2007. En 2002, d’après le sondage sorti des urnes réalisé par la SOFRES à l’issue du 1er tour, le vote des internautes a été quasiment identique à celui de l’ensemble des électeurs.

Selon le chercheur, l’usage de l’internet en soi (c’est à dire de façon générale, sans intérêt particulier pour les sites citoyens) affecte peu le rapport au politique. Ainsi, bien que désormais 70% des 18-34 ans utilisent assidûment l’internet (selon Médiamétrie 2006), leur tendance à l’abstention n’a pas diminué.  En ce qui me concerne, cette analyse calque tout à fait mon approche vis-à-vis des net-campagnes actuelles. Malgré les efforts entretenus pour en optimiser les effets par nos politiques, je reste septique face à cette multitude de tentatives de e-seductions électorales. Force est de constater que cet état d’esprit est partagé par un grand nombre de mes concitoyens. Preuve en est, une forte majorité de Français ne sait toujours pas pour qui elle votera le jour J. Tout est dit. Rien à ajouter. A croire que dans cette affaire, les vieux adages ont la dent dure, politique rime avec campagne, qui rime avec Net, lui même rimant avec démagogie, qui pour le coup ne rime pas vraiment avec… écoute du citoyen. Et c’est bien dommage.

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SItoyens et web-citoyenneté

Comme vous avez pu le constater à la lecture de ce blog, je suis activiste dans la mise en lumière d’initiative dite “citoyenne”. Tout en restant, bien sûr, dans un cadre strictement POLITIQUE (puisque c’est de ça dont il s’agit!). Après le collectif du Jeudi noir (oui, souvenez vous de ce groupe de joyeux lurons qui s’incrustaient dans des visites d’appartement pour faire la fête, leur manière à eux de dénoncer la crise du logement), lumière sur un site cette fois-ci. Celui de sitoyen.fr. 

Selon le site, l’objectif de sitoyen.fr est de dévoiler les projets détaillés des candidats afin que chacun puisse enrichir ses connaissances, forger ses opinions et découvrir sa sensibilité politique. Le concept du site est une première du genre. Sitoyen.fr est le premier outil politique confidentiel et personnel avec lequel chacun peut choisir les propositions des candidats qui lui correspondent et construire au fur et à mesure son programme personnel. De plus, le site soutient qu’il est “un lien de synthèse et de cristallisation” qui recueille et compare en un même lieu les propositions des candidats à une élection présidentielle, face à un débat politique volatile et des “mass-médias” traditionnels limités dans l’espace-temps. En ce qui me concerne, la note à attribuer pour cette initiative se rapprocherai plus du 8 (sur 10, évidemment), que du 2. Justifications. Primo, pour avoir personnellement testé le site (je vous invite vivement le faire d’ailleurs), force est de constater que la lisibilité est de mise. Dès l’accueil, on appelle le citoyen à “voter + clair”. Secondo, le “sitoyen” comme il est défini ici, n’est pas qu’un simple spectateur de l’information. Il est acteur et fait lui-même sa grille de lecture politique. En optant pour des thèmes de campagne proposés sur le site qu’il choisira à l’issue d’un test, “mon vote à moi”, un profil de candidat se dessinera en fonction de la somme de ses réponses.

Un « hic » tout de même, puisque que la perfection n’existe pas. La mise à jour du site. Un exemple: lorsque l’on veut comparer deux programmes et que l’on clique sur les photos respectives pour avoir la fiche technique sur le candidat en question, ô surprise, certaines fiches se révèlent incomplètes voire totalement vides. La faute aux internautes qui ont « bâclé » leur travail d’investigation et de fourniture de sources éditoriales. En effet, le site repose sur le principe de l’internaute fournisseur de contenu, comparable au système de l’encyclopédie en ligne“wikipédia”. Encore faut-il qu’il le fournisse. Conséquence, les candidats les moins quottés (on compatie Arlette!) se retrouvent avec des fiches vides. Saluons tout de même la démarche.

Le FN fait les yeux doux à l’extrème gauche

Equité oblige, la faute au C.S.A  (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel), je remarque que ce blog fait état de la net-communication des grands courants politiques plus ou moins tolérés de ma personne. Mea Culpa pour m’être focalisé sur le trio de tête, j’ai nommé Messieurs Sarkozy et Bayrou, sans oublier Dame Royale.Une chose est sûre, s’il y en a un dont je ne souhaitais (surtout) pas redorer le blason c’est bien la figure de proue du Front national, son emblème historique, son monument: Jean-Marie Le Pen. En période d’équité de parole politique dans les médias donc (à mon grand regret), ce blog portera sur la net-campagne du Front National, ou plutôt sur le buzz de sa campagne sur le net, à travers un clip vidéo en ligne destiné à séduire l’extrême gauche. La primeur de cette information nous vient du site en ligne de la publication Marianne, www.marianne2007.info.Sur fond de rap russe, un extrait sonore avec la voix d’Eric Zémour  qui parle de la nation française et des images de la Bretagne, on comprend très vite les travers quand les termes de “vraie révolutions” sont lancés. On s’adresse ici aux “travailleurs” d’Arlette ou aux trotskistes du facteur. Sauf qu’ici la vraie révolution, c’est le vote Le Pen. Les codes couleurs de la révolution sont respectés; le rouge est de mise. Mais légèrement brun celui-là. Et puis, il faut quand même se démarquer de cette gauche extrême qui a faillit à son devoir. En plus, faut-il rappeler que le Front n’est plus raciste. Y’a juste à voir la beurette sur l’affiche. Pour peaufiner cette opération de lissage du discours extrémiste à destination des électeurs de gauche, le site « Salut public » poursuit l’exposé avec des recommandations et des critiques d’Olivier Besancenot à la clé. Pour couronner le tout, on trouve sur ce site des liens internet des plus logiques, en adéquation totale avec les concepts fondateurs du parti, à l’image du lien vers “la banlieue s’exprime”, un site qui, rappelons-le, n’est autre qu’un site FN. Inutile de continuer.

Net(te) démocratie : la e-petition

 Face à une actualité politique pas franchement folichonne cette semaine, je vous avouerais que l’inspiration m’a cruellement fait défaut. Panne sèche, voilà… C’est dit. Comment voulez-vous trouver de quoi faire son chou gras quand les médias sont braqués sur la quête des 500 signatures, pour des candidats quelque peu dépassés par les sondages. D’autant que le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ne font pas vraiment preuve d’imagination ces temps-ci en matière de campagne sur le net. Dieu merci, certaines initiatives sont tout de même nichés dans certains recoins de la machine politique et ne demandent qu’à être placées sous les projecteurs.  

Lumière donc sur…la e-petition. Le principe est le suivant : élaborer un processus délibératif de recueil des sollicitations des internautes citoyens et de débat on-line avec les élus. Une parade de plus dans la dite « démocratie participative » diront les plus septiques, mais quoi que l’on en dise, il s’agit là d’un pas de plus pour enrichir la démocratie représentative. 

 

L’idée nous vient d’André Santini, ancien ministre et député. A l’occasion du forum de la e-démocratie d’Issy-les-Moulineaux en octobre 2005, Monsieur Santini sera l’initiateur d’une résolution pour étendre le droit de pétition (déjà existant mais peu utilisé) et l’adapter à notre société numérique. Il s’agit d’encourager le développement de l’e-démocratie qui semble efficace au niveau local  et de permettre au parlement de jouer son rôle dans le nouvel espace public numérique. Le parlement tient une place essentielle dans le développement de la démocratie électronique selon les porteurs de l’initiative, pour offrir au web-citoyen un lieu de débat constructif là où très souvent il n’est qu’un sas de décompression des frustrations politiques. Ce type d’interface de médiation légitime s’avère nécessaire, pour une condensation de l’opinion et une logique de délibération plutôt que d’interpellation.

Restée lettre morte pendant un temps, le débat est relancé à l’occasion d’une conférence récemment organisée par la Fondation pour l’Innovation Politique sur Internet et les présidentielles. André Santini déclarera lors de cette réunion que « la prochaine mandature ne pourra reculer sur ce point essentiel ». D’autant que la France prend du retard sur ses voisins. Ce système existe déjà en Ecosse, au Royaume Unis et en Allemagne, où il fait ses preuves. Dernièrement, la  e-petition a bénéficié du soutien de François Bayrou de la candidate Royale (en partie). L’idée, dans son principe, est intéressante puisqu’elle encourage la participation citoyenne, avec l’avantage de ne servir ni candidat, ni couleur politique. Elle est au service du citoyen et c’est bien (ça rime en plus !).

 

Pour plus d’informations :

-         http://blog.netpolitique.net

-        http://www.worldegovforum.com

-         http://petitions.pm.gov.uk

-        http://www.liberation.fr

Vous avez dit Ségomaton???

Le Ségomaton, il ne manquait plus que ça. Traduction pour ceux qui n’ont pas été mis au parfum de cette trouvaille, le ségomaton est une version mobile du photomaton. En d’autres termes, c’est une voiture dans laquelle les gens viennent faire part de leurs petits tracas (politiques, bien entendu!). Des petits messages, venant du coeur, pour notre reine des coeurs (pas du mien, cela dit en passant), Dame Royale. Tout y passe: propositions de loi, marque de soutien, questions de campagne, bref, tribune libre apparemment.

Nous devons la paternité cette idée initiative ô combien pertinente à une cellule du parti socialiste de Poitiers, le Ps.86, fédération du parti socialiste de la Vienne (département du 86). Après la démocratie participative, la caméra… participative! Objectif: faire correspondre les riverains et la candidate à la présidentielle 2007 par l’intermédiaire d’une caméra nichée dans une camionnette. Le terrain investi est celui du marché de Belair (appelé Belair market sur le site http://wwww.ps86.org, so american…!), et les horaires sont strictes: le vendredi de 9h à 12h.  La réponse de Ségolène est garantie, et diffusée sur le site.

L’opération a débuté en Décembre 2006, mais ne semble pas se développer ailleurs qu’à Poitiers. Sans surprise, compte-tenu de la faiblesse du contenu. Toutefois, malgré des commentaires parfois caustiques de certains internautes, à l’image des blogs suivants: lesyeuxouverts.over-blog.net ou yvesdaoudal.hautetfort.com, le ségomaton ne finira sa course (a priori), qu’une fois le gong de fin des présidentielles retenti. Souhaitons lui une bonne continuation d’ici là (c’est le moins que l’on puisse faire!).  Allez Ségolène, un petit cheeeesssssee pour la caméra!

Jeudi noir, où le happening comme outil militant.

  Avertissement : à ceux qui souhaitent visiter un appartement à Paris dans les jours qui suivent,  bien regarder derrière son épaule au risque de ne pas voir débarquer une bande de joyeux lurons, une bouteille à la main, qui voudrait vivement être de la partie ! Ces O.V.N.I répondent au nom du collectif « Jeudi noir ». Quel rapport avec les présidentielles et la net-campagne me direz-vous. En réalité, le lien se fait tout naturellement. Explications.

photos_jeudi-noir.jpg

Le collectif du Jeudi noir a pour vocation de dénoncer les problèmes de  logement en France, un thème de campagne incontournable  pour l’ensemble des candidats à la présidentielle.  La philosophie du collectif : attaquer le mal-logement via des actions festives militantes, autrement en faisant du happenning. Une fois n’est pas coutume, ici on utilise des techniques empruntées de l’évènementiel pour faire du militantisme. Et puis pourquoi pas, si ça peut faire bouger les choses ! D’autant que l’action est louable et se déroule dans une ambiance bonne enfant. 

 Engagé donc, mais apolitique selon ses membres, Jeudi noir doit son nom au jour de parution de l’hebdomadaire PAP (de particulier à particulier), le  jeudi, jour de chasse aux petites annonces pour les jeunes en recherche de logement. Des logements toujours plus coûteux et des bailleurs tout autant exigeants. Ce collectif compte parmi des mouvements, de plus en plus nombreux, dénonçant la crise du logement, dont les plus connus sont « les enfants de Don Quichotte » et le « ministère de la crise du logement » pour ne citer qu’eux. Alors, pour ajouter sa pierre à l’édifice, notre collectif  attaque les propriétaires avec des armes de choix : verres de mousseux, gâteaux et snacks cacahouètes. Histoire d’engager le dialogue, quoi. Il paraît que ça marche.  Les vidéos et photos de leurs actions sont disponibles sur le site du collectif www.jeudi-noir.org  ou sur des sites relais laurenthazui.blogspot.com ou sur cerbermail.com

 

 La dernière action du collectif Jeudi noir date du 6 janvier 2007. C’est à une quarantaine que les militants de “Jeudi noir” et du “ministère de la crise du logement” qui ont envahi  ce samedi là un appartement à vendre, dans le 11e arrondissement à Paris. Une invasion « pour faire la fête évidemment » selon les partisans du collectif, et « dénoncer le prix abusif de l’immobilier dans la capitale ». Et cette action succède à une longue lignée. Une seule chose à dire, que l’action continue.

Les vidéos informatives: “Menace to society”?

Daily motion, vous connaissez? Tout internaute invétéré qui se respecte ne peut passer outre ce site, plate-forme de diffusion de vidéos de toute nature, pour lequel les politiques se sont“entichés”.

Serveur le  plus visité du genre en France, il semble que le site met son grain de sel dans la campagne présidentielle de 2007. Selon l’encyclopédie en ligne fr.wikipedia.org, les militants utilisent ce site pour diffuser leurs vidéos “informatives”auprès des internautes.  Mais surtout, les politiques s’en servent pour descendre gentiment leurs adversaires à coup de vidéos salasses. Sans compter que depuis peu, une forme de “spam politique”, qui associe un mot-clé populaire à un parti politique sans lien aucun, fait son apparition.  Ainsi des vidéos du Front National sont apparues avec  des mots-clés comme “Dubosq” ou “Jamel ”. Selon une étude parue sur le site de l’Ecole des hautes études en science, www.arhv.lhivic.org, Daily motion serait davantage consulté pour les vidéos de Ségolène Royal (2.273.321 consultations pour les 3 vidéos les plus en vue) que pour Nicolas Sarkozy (444.188 consultations), pour la période de janvier 2007.

Image tirée de la vidéo.Ceci dit, ce terrain d’échange qui peut s’avérer des plus hilarant tant les images qu’on y retrouve sont parfois causasses, se relève être au coeur d’une polémique sur les “vidéos informatives” qu’il diffuse. Ces vidéos remettent en cause plusieurs fondements: la démocratie et le respect de la sphère privée.  En cause, deux vidéos (pour ne citer qu’elles).  Celle du journaliste Henry Duhamel, dont les propos filmés sur son soutien au candidat Bayrou devant des étudiants de Sciences-Po, lui ont coûté sa place. La seconde est celle des propos de Ségolène Royal sur les 35 heures pour les enseignants, qui  lui vaudra peut être la perte de l’électorat de l’Education Nationale. Ces images prises en dehors d’un contexte médiatique officiel prêtent à la critique.  Cette forme d’intrusion, appuyée par l’omniprésence de caméras, de micros et de téléphones portables, dans des réunions sont d’ordre privé, va à l’encontre de l’éthique (cela va de soi!).  C’est une menace à la liberté de penser pour le site http://www.politiquecafe.com, qui va plus loin dans la critique et  n’hésite pas  à comparer  www.dailymotion.com à l’émission de télé-réalité américaine “Big brother”. Sans commentaire!

En somme, différentes questions s’imposent. Peut on parler de sphère publique et sphère privée dès lors où des propos politiques sont énoncés?  Comment peut-on parler de démocratie lorsqu’un journaliste est suspendu pour avoir fait part de ses préférences politiques “hors antenne”? Une chose est sûre, le paradoxe est palpable, d’autant que les politiques ont contribué au mélange des genres (privé/public), en utilisant le pouvoir des images à des fins purement démagogues. 

Duhamel-vote-Bayrou
envoyé par jeunesudfparis

Ségolène Royal à Angers (intégrale)
envoyé par arnohie